Tracker Firecat & Turbofirecat bombardier d'eau

Le Grumman S2F et un appareil bimoteur monoplan à ailes haute. Il a été construit par la firme Grumman Tracker Aircraft à partir de 1953 et sera utilisé pendant 23 ans comme appareil de lutte anti-sous-marine par l’aviation embarquée américaine. La marine américaine le baptisera Tracker, qui signifie « pisteur ». La firme De Havilland , au Canada, obtiendra une licence de fabrication et équipera les forces armées canadiennes. Grumman produira près de 800 appareils et De Havilland une centaine environ. A la fin des années 70 ces appareils seront réformés et stockés dans le Désert de l’Arizona, près de Tucson, avec plusieurs milliers d’autres appareils militaires retirés du service actif.

Conair, situé en Colombie Britannique, va récupérer plusieurs de ces appareils et les transformer en bombardiers d’eau après un reconditionnement très complet (mise à nu, démontage, décapage, mise en place d’une soute…). Ils seront baptisés Firecat pour respecter la tradition Grumman de donner à ses appareils des noms de félins (Hellcat, Tomcat…).

Ainsi transformés il seront utilisés par les Etats-Unis pour la first initial attack c'est-à-dire l’attaque rapide des feux naissants.

La sécurité civile française va s’intéresser à ces appareils du fait de leu faible coût relatif (huit tracker pour le prix d’un Canadair neuf) et le souhait de mette en place une force d’action rapide pour une première attaque des feux. En juin 1982 les trois premiers appareils arriveront sur la tarmac de la base avions de Marignane. Ce sont des De-Havilland, construits en 1957 et 1958, qui avaient servis précédemment dans la Royal Canadian Navy. 17 autres appareils suivront jusqu’en 1996.

Les 15 premiers appareils (Firecat) sont motorisés avec des moteurs à pistons. A partir de 1988 les appareils livrés (Turbofirecat) sont turbopropulsés. Un programme de remotorisation est mis en place pour les appareils précédents entre 1989 et 1995. Le Tracker T2 ne sera jamais converti en Turbofirecat, il sera mis en vente en 2006 avec sa motorisation à pistons originelle.

La stratégie d’utilisation du Tracker est l’attaque des feux naissants. Il sera ainsi très impliqué dans le guet aérien armé (GAAR). Deux appareils patrouillent au dessus des zones à risques et dès l’identification d’un feu naissant procèdent à une attaque rapide en V afin d’emprisonner le feu. Plus rapide que le Canadair le Tracker peut sillonner une zone plus étendue.

Afin de renforcer leur rapidité d’action des appareils seront détachées de manière saisonnière à Carcassonne, Hyères, Nîmes ou encore Perpignan. Leur ravitaillement au sol par les pélicandromes, s’effectue en deux minutes.