Ateliers de construction mécanique de l'Atlantique (ACMAT)

Les débuts

La société des Ateliers Legueu Meaux (ALM) est fondée en 1948 par René LEGUEU, précédemement concessionnaire Matford à Meaux. ALM aménage des véhicules tous-terrains en fonctions de besoins spécifiques de ses clients comme par exemple les prospecteurs ou géophysiciens des sociétés d'exploitation de pétrôle au Sahara. Il transforme pour cela des châssis Panhard avec des cabines du même constructeur puis avec des cabines Citroën. Les moteurs utilisés sont des moteurs essence Hotchkiss et diesel Perkins.

ALM TH 4.15 avec cabine Citroën

En 1959 ALM commande des cabines au carrossier Pourtout à Bougival. A cette époque ce sont des cabines de Citroën 23 qui sont montées sur les châssis mais Citroën souhaite se désengager du contrat ALM. Ainsi seront déclinés en versions 4x4 et 6x6 les modèles TPK à moteur Perkins et les modèles TF à moteur Ford.

Le marché militaire

En 1961 ALM engage un TF de 1.5 tonne de charge utile dans le rallye Alger-Centre Afrique au cours duquel ses performances sont remarquées par l'Armée française qui recherche un remplaçant au Dodge Power Wagon. Celle-ci commande cinq prototypes, baptisés véhicules de combat Outre-Mer (VCOM) qui seront duremment testés pour être adoptés en 1963. ALM devient fournisseur de l'armée française. La première livraison du TF 4.20 SM a lieu en février 1964.

  • Moteur Ford, 6 cylindres, essence, 4.888 litres,
  • Silhouette basse (aérotransportable, parachutable et largable), 2.5 tonnes de charge utile,
  • Cabine torpédo,
  • Caisse métallique à l'arrière avec hayon rabbatable
  • Roue de secours sur le marchepied côté conducteur,
  • Deux tampons arrières (pour être poussé),
  • Boite de transfert couchée pour augmenter la garde au sol.

Un peu moins de 200 exemplaires seront ainsi mis en service par l'Armée française au sein d'unités d'infanterie de marine et de Légion étrangère. Puis les colonies vont accéder à l'indépendance, la camionnette tactique Marmon arrive sur le marché... les commandes militaires vont chuter. ALM dépose le bilan en juillet 1965 et une societé d'exploitation va en assurer la gestion pendant deux ans avec Marcel Pourtout, principal client, comme co-gérant.

Acmat

Après redressement est créée en 1965 une nouvelle entité : les Ateliers de construction mécanique de l'Atlantique (Acmat), installée à Saint-Nazaire profitant ainsi de subventions liées à la décentralisation et de l'appui de la municipalité (locaux gratuits, exonération de taxes...). La production est repensée et orientée vers une standardisation des équipements et l'exportation. Le succès est au rendez-vous, d'abord en Afrique (Le Maroc avec 720 exemplaires, une centaine pour la Lybie...) Puis au Moyent-Orient, en Amérique du Sud, en Asie... Avec la création de la FAR (force d'action rapide) l'Armée française commande à nouveau ce qui est dévenu le TPK 4.20 sous la dénomination militaire : véhicule léger de reconnaissance et d'appui (VLRA).

Acmat et les véhicules d'incendie

CCFM sur châssis VLRA

Des châssis ALM avaient été gréés en véhicules d'incendie : 4x4 et 6x6 pour les feux de forêts en Gironde ou d'autres engins destinés aux interventions aéroportuaires. En 1979-80 Camiva livre à la Sécurité civile, séduite par la rusticité des engins, des camions-citernes pour feux de forêts moyens (CCFM) sur châssis TPK en remplacement des CCF Berliet FF 415 également équipés par Camiva. En février 1983 Acmat fait homologuer son CCFM sous la désignation feux de forêt moyen sur le même châssis. Ce CCFM sera largement utilisé par le Bataillon de marins-pompiers de Marseille mais également par les services départementaux incendie secours (Hérault, Tarn, Essonne, Haute-Garonne, Morbihan, Loiret, Loire-Atlantique...). Il existera également une version CCF lourd sur châssis 6x6 d'une capacité de 3 500 litres, utilisé par les services départementaux incendie secours (Morbihan, Gironde, Dordogne, Haut-Rhin, Moselle, Essonne...).

Acmat a également livré des agrès autres que des CCF : Camions de transport, véhicule de dépollution pour la Sécurité civile, fourgons-pompes tonne (Loire-Atlantique)...

Le Batallon de Marins-pompiers de Marseille et le service départemental incendie secours de la Dordogne adopteront le bus 4.30 aménagé en poste de commandement mobile.

Les engins Acmat sont tous des 4x4 ou 6x6 dont tous les éléments sont interchangaeables. C'est pourquoi on a souvent évoqué la "Famille" Acmat à partir du châssis VLRA. Ainsi il n'y a qu'un seul modèle de porte, de pare-brise, de siège...et un seul kit de première maintenance (filtres, courroies...).

En décembre 2002 Acmat, affaibli par des baisses de commande et des impayés, est en redresseement judiciaire. Une reprise est amorcée par la société malaisienne Pesaka. Au final Acmat deviendra en mai 2006 une filiale de Renault Trucks.

Une collection de photographies

Quelques photographies présentent ici les différents agrès sur une base de châssis Acmat.

Véhicule de transport

Véhicule anti-pollution

Fourgon-pompe tonne léger

Camion-citerne feux de forêts

Camion-citerne feux de forêts

Camion-citerne feux de forêts

Camion-citerne feux de forêts

Camion-citerne feux de forêts

Véhicule porte-drapeau

Véhicule porte-drapeau


Vous avez des photos personnelles d'engins d'incendie français sur châssis ALM ou ACMAT ? N'hésitez pas à nous les envoyer pour compléter cette collection : vehiculesincendie@gmail.com