Système technologique de reconnaissance et surveillance aérienne (STSA) de la Sécurité civile.

L'accident nucléaire de Fukushima en mars 2011 au Japon a confirmé la difficulté d'effectuer des reconnaissances en zones difficiles ou dangereuses. Reconnaissances indispensables pour dimensionner les moyens d'interventions en mettre en oeuvre. Que ce soient des effondrements nécessitant des opérations de sauvetage déblaiement, des innondations, des incendies d'aires naturelles... il est important d'avoir des vues générales et précises des zones sinistrées afin de localiser des victimes, suivre les équipes d'interventions et éventuellement leur porter assistance lorque le contact par transmissions est interrompu.

En avril 2011 le Ministère de l'Intérieur attribut à Bertin Technologies, spécialiste d'équipements à fort contenu technologique, un marché pour pour la fourniture d'un système technologique de reconnaissance et surveillance aérienne (STSA). La Direction générale de la sécurité civile et de la gestion de crise (DGSCGC) commande deux mini drones hélicoptères pour équiper les unités opérationelles de Sécurité civile. Le système est présenté, en octobre 2011, au salon Milipol, le salon mondial de la sécurité intérieure des états. Il s'agit donc d'un mini drone (qu'on appelle le vecteur) à voilure tournante, équipé d'une caméra embarquée et à atterrissage et décollage vertical. Le pilotage s'effectue par une station au sol.

Le vecteur

C'est l'engin volant. Deux appareils équipent la Sécurité civile : le HEX18 et HEX19.

Leur poids est de 14 kg à vide, 19 kg en charge. Ils sont motorisés par un turbomoteur à kérosène/huile. Longs de 1.20 mètre, leur envergure est de 2 mètres.

Ils embarquent une Caméra visible jour/nuit située sous le nez du drone sous leur nez en position ventrale ou une Caméra infrarouge située sous le nez du drone détectant les sources de chaleur.

Ils volent à une vitesse maximale de 110 km/h à une altitude maximale de 150 mètres (altitude de travail de 50 mètres). Leur autonomie est de 15 à 25 minutes. Leur portée en vol à vue est de 300 mètres avec une portée maximale de 4 km.

La mise en oeuvre

Le système est mis en oeuvre à partir d'une station de pilotage et de réception des images par trois personnels : un sous-officier gestionnaire du vol, un responsable de la réception et analyse des images et un pilote de sécurité.

Le vol est automatisable à partir d'un plan de vol pré-enregistré mais le pilote dit de "sécurité" est chargé de prendre le relais si nécessaire et donc de passer en commandes manuelles.

La zone de décollage/aterrissage doit être située à moins de 50 mètres de la station de pilotage. Elle doit être une surface circulaire de 10 mètres de rayon ou carrée de 20 mètres de côté. Cette surface doit être régulière. La vitesse du vent doit être inférieure à 9 m/s au sol et à 15 m/s en vol. La pluie, si présente, doit être fine.

Il existe des contraintes règlementaires. Le vol doit s'effectuer en zone non urbaine, au dessus de zones inhabitées, à vue du pilote de sécurité (300 mètres). Le plan de vol doit être sollicité auprès de la Direction générale de l'aviation civile (DGAC).

Olivier GABRIEL - Mars 2013 - Photographies : Golf22 & Olivier GABRIEL